
Tomodachi no Tsuki |
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Scilia

   Age : 33 Inscrit le : 15 Avr 2007 Messages : 451 Localisation : Au centre de mon harem... Emploi : Kesako ? O_o Loisirs : Ecrire des fics, lire des mangas, écouter des OST, baver sur des bos mecs,....
| Sujet: Tome 3 : Happy end ??? Jeu 13 Sep - 14:51 | |
| Et voila, comme promis, Toya et Kyo reviennent pour une nouvelle aventure qui, j'espère, vous enthousiasmera toujours autant. Que dire de plus... C'est pas ma faute !!!!
Je n'avais absolument pas prévu de commencer mon histoire ainsi mais Toya m'a tellement cassé les pieds... bref, ceci est ma première scène... comment dire... de sexe yaoi (c'est dur à croire vu le nombre de fics que j'ai écris mais il faut bien une première fois ) et j'espère ne pas vous décevoir.
Ah, petite chose importante : J'ai choisi de ne pas intégrer de préservatif à cette scène érotique pour des raisons qui me regardent mais, dans la vie réelle, SORTEZ COUVERTS pour votre bien et celui des autres !!!!
Un autre détail : la majorité est à 20 ans au japon mais la majorité sexuelle est beaucoup plus tôt (14 ans il me semble). J'ai décidé de ne pas en tenir compte pour les besoins de l'histoire, vous comprendrez plus tard pourquoi
Bon, j'arrête de bavasser pour laisser place à mes héros, bonne lecture !
***
Happy end ???
Ou pourquoi je ne peux jamais laisser mes persos vivrent tranquilles et heureux dans mes histoires
***
ATTENTION, CETTE HISTOIRE COMPORTE UNE SCENE DETAILLEE D'AMOUR ENTRE DEUX HOMMES. SI CE N'EST PAS A VOTRE GOUT, FUYEZ !!!!!!!
***
La chambre était plongée dans la pénombre. Tout était calme et tranquille. La pleine lune, cachée par des double-rideaux céruléens, ne laissait passer qu’un fin rayon qui éclairait le bord du lit sur lequel Toya reposait. Ce dernier gémit doucement, brisant provisoirement le silence de l’appartement. Ses mains se crispèrent sur les draps et sa respiration se fit de plus en plus haletante.
— Kyo…, gémit-il à nouveau.
L’adolescent releva la tête, délaissant provisoirement le membre de son compagnon. Un sourire salace éclaira son visage lorsqu’il constata que Toya n’appréciait pas d’être abandonné. Kyo déposa un chapelet de baiser sur son bas ventre, glissa sa langue dans son nombril, effleura ses tétons dressés du bout de la langue avant de venir caresser les lèvres de Toya qui subissait cette délicieuse torture avec un plaisir évident. Il grogna lorsque Kyo, qui se contentait de frôler ses lèvres par à coups, s’éloigna de sa bouche pour venir mordiller le lobe de son oreille.
— Tu es… cruel, murmura Toya. — J’ai eu un bon professeur, chuchota Kyo contre son oreille.
Il savait l’effet que cette caresse avait sur son amant. Rien que le souffle de Kyo dans son cou l’émoustillait et l’adolescent profitait souvent de cette faiblesse. Il baisa la joue rugueuse de Toya, son menton avant de mordiller sa lèvre inférieure tout en glissant une main jusqu’à son sexe turgescent. Ses doigts le caressèrent tendrement déclenchant des frissons de plaisir chez Toya qui s’accentuèrent lorsque Kyo passa le pouce sur son gland humide. L’adolescent glissa sa langue entre les lèvres offertes de son compagnon qui répondit âprement à son baiser. Une passion dévorante les guidait, leurs corps n’étaient plus que plaisir, leurs âmes liées à tout jamais tandis qu’un feu divin se répandait dans leurs veines.
— Kyo, je… — Chut, murmura-t-il contre ses lèvres d’une voix gourmande, tu as promis que je pourrais te faire tout ce que je voulais. — Mais je… — Tu as promis, répéta Kyo d’une voix tendre. Et tu sais ce dont j’ai envie ? — Mmm… n-non… — Te faire l’amour jusqu’à ce que tu cries grâce, répondit-il avant de l’embrasser passionnément.
Leurs langues se frôlèrent, s’éloignèrent pour mieux se retrouver, se livrant à un duel sans fin qui les laissa haletants. Kyo repartit à la découverte du corps de son amant. Il déposa un chapelet de baiser dans son cou, mordilla ses seins tendus par le désir, traça des arabesques du bout de sa langue sur son torse, embrassa son hypogastre qu’il savait très sensible avant de rejoindre sa main qui masturbait toujours son phallus tusmecent. Rapidement sa langue la remplaça, Kyo s’amusa à le lécher sur toute la longueur avant de l’abandonner pour un moment qui sembla affreusement long à Toya. Puis l’adolescent joua avec son gland, se délectant des gémissements que son amant poussa tandis qu’il vrillait sa langue autour de cette partie si sensible de son corps. N’y tenant plus, il le prit en bouche mais il désirait plus, beaucoup plus. Il voulait Toya, il souhaitait lui donner autant de plaisir qu’il lui en donnait lorsqu’il était dominant. Le voir à sa merci, réagir à la moindre caresse, au moindre baiser, l’excitait terriblement mais il voulait le faire sien, plonger en lui avec délice et, dans ce but, Kyo effleura l’intimité de son amant. Il sentit Toya se crisper mais, avec beaucoup de douceur, Kyo parvint à glisser un doigt humide en lui. La sensation de la bouche de l’adolescent sur son sexe et ses doigts en lui rendaient Toya ivre de plaisir mais il ne voulait pas jouir, pas maintenant, pas avant d’avoir accueilli Kyo en lui. Il gémit lorsque ce dernier glissa un deuxième doigt. Fermant les yeux, il tenta de reprendre le contrôle de sa respiration saccadée mais Kyo ne lui laissa aucun répit, laissant sa langue remplacer ses doigts en lui.
— J-je… vais… — Retiens-toi… encore un peu, supplia Kyo qui le sentit enfin prêt à l’accueillir.
L’adolescent se redressa, son sexe était dressé, avide d’explorer le corps de son amant. Kyo se positionna devant Toya, souleva ses jambes avec tendresse et effleura son intimité de son membre. Toya glissa une main entre leurs deux corps enlacés, prit le sexe de son amant et le guida en lui, se cambrant pour mieux l’accueillir tout en poussant un cri, mélange de plaisir et de douleur. Kyo vint aussitôt l’embrasser, ne bougeant plus le temps que le corps de Toya s’adapte à lui. Leur baiser était sauvage et bientôt leurs corps réagirent avec intensité, bougeant au même rythme. Toya griffa le dos de son compagnon tandis que le plaisir montait graduellement en lui. Kyo sentait qu’il ne pourrait pas se retenir très longtemps, les sensations étaient trop intenses pour qu’il puisse se contenir. Ses coups de reins se firent plus profonds, plus rapides, les amenant, Toya et lui, au point de non retour. Dans un dernier mouvement, Kyo se libéra avec un grognement de plaisir capturé par Toya. Ils s’embrassèrent à nouveau. Constatant que son amant n’avait pas joui, Kyo quitta son corps chaud et accueillant pour le prendre dans sa bouche.
— Pas… besoin de…, gémit Toya incapable de dire un mot de plus.
C’était si bon qu’il ne put que se laisser aller à cette douce caresse. Alors qu’il se sentait sur le point de jouir, un bruit familier se fit entendre. Il tenta de ne pas en tenir compte, ne voulant pas rompre la magie du moment mais la sonnerie était insistante et brusquement Toya ouvrit les yeux tout en s’asseayant sur son lit… vide. La déception fut intense, Kyo n’était pas avec lui. Cela n’avait été qu’un rêve, délicieux certes mais rien qu’un rêve. Toya prit conscience que la sonnerie du téléphone qui persistait et tendit la main pour décrocher, maudissant intérieurement son correspondant sur les dix prochaines générations.
— Moshi moshi ? — Toya-chan, je craignais que tu ne sois pas chez toi, fit la voix soulagée de Rafaela. — A 4h du matin ? Demanda Toya après avoir jeté un œil à son radio-réveil. — Gomen, j’ai complètement oublié le décalage horaire ! S’excusa-t-elle aussitôt. — Je suppose que tu as une très bonne raison pour appeler en plein milieu de la nuit, quelque chose ne va pas ? — Eh bien… j’ai avancé mon retour. J’aimerai savoir si tu peux venir me chercher à l’aéroport, mon avion atterrit à 19h. — Tu te faisais pourtant une joie de partir en Espagne voir ta famille, nota Toya qui sentait qu’elle lui cachait quelque chose. — L’embarquement a déjà commencé, je dois y aller, éluda-t-elle en espérant qu’il ne cherche pas plus loin. — Tu ne comptes pas t’en sortir aussi facilement ? — J’ai bien peur que tu ne me fasses subir un interrogatoire en règle mais je prends le risque, répondit-elle avec un sourire. — Très bien, je te garde à dîner pour avoir tous les détails. — C’est gentil mais… — Je n’ai pas dit que tu avais le choix, l’interrompit Toya taquin. — C’est bien parce que mon frigo est vide et que ta cuisine est excellente sinon… — Aller file, je serais là à ton arrivée. — Arigatô (merci), répondit Rafaela avant de racccrocher.
Toya fit de même en soupirant. Il n’avait absolument aucune idée de la raison pour laquelle Raf avançait son retour mais cela devait être assez important pour mettre un terme à ses vacances au bout de 15 jours. La connaissant, elle allait encore se renfermer dans sa coquille et passer les deux semaines qui lui restaient à ruminer sous sa couette, à moins qu’elle ne demande à reprendre son travail plutôt.
Des images de son rêve lui revinrent à l’esprit. Kyo… Il savait à quel point l’adolescent voulait concrétiser leur union par le sexe mais Toya ne pouvait s’y résoudre tant qu’il n’était pas majeur. C’était certainement stupide mais c’était l’une des conditions non-négociables qu’il lui avait imposé lorsqu’ils étaient devenus un couple. Il était tellement loin le temps où son compagnon n’était qu’un sale gosse mal élevé qu’il avait recueilli après qu’il l’eut renversé en scooter. Recueilli… c’était plutôt la mère de Kyo qui l’avait imposé dans sa vie, en guise de garde-malade. S’il s’était douté un seul instant de leur avenir… Il se souvenait encore de leur premier baiser, alors que Kyo l’aidait à boutonner sa chemise. Et surtout de son retour, après l’enterrement de son père, où il avait trouvé le jeune homme aux prises avec son ancienne bande de loubards. Le sang de Toya n’avait fait qu’un tour dans ses veines, blessé ou pas, il avait courru au secours de Kyo et avait fini à l’hôpital.
Tout cela était loin maintenant, leur vie était beaucoup plus stable. Kyo poursuivait de brillantes études dans une école hôtelière réputée. Sa mère, qui avait été plus que surprise par la nature de leur relation, avait finalement accepté Toya en voyant à quel point son fils avait changé et était heureux grâce à lui. Ce dernier continuait à travailler aux Jardins de la lune le week-end, plus pour passer du temps avec Toya que pour gagner son argent de poche. Ils passaient beaucoup de temps ensemble mais Kyo ne restait jamais dormir chez Toya. Cette situation agaçait le jeune homme qui avait envie de plus qu’un simple flirt. Cela faisait presque trois ans que cela durait et la patience de Kyo était à bout. Il tentait bien de faire craquer Toya mais sans succès jusqu’à présent. D’une certaine manière, Kyo aimait son obstination qui lui montrait qu’il pouvait lui faire totalement confiance mais la frustration était de plus en plus intense. Il ne restait plus que trois mois, tentait-il de se convaincre lorsqu’elle était trop forte mais ces trois mois semblaient passer à une lenteur effrayante.
Toya repoussa les draps et s’assit au bord du lit. Son corps portait encore les traces de son rêve des plus érotiques. Il enfila son yukata posé sur une chaise, à coté de la table de nuit, mit ses chaussons et partit en direction de la salle de bain. Une longue douche froide résoudrait sûrement le problème, songeat-il en passant d’abord par la cuisine où il mit en marche la cafetière programmée habituellement pour 7h.
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|  | | Angel Earth

  Age : 18 Inscrit le : 20 Avr 2007 Messages : 15 Localisation : *dans un ciel plein d'étoiles* Emploi : ange-étudiante
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Jeu 13 Sep - 21:28 | |
| trop happy que tu continues avec eux ^^
M'a fait trop rire le Toya | Citation: | | Ils passaient beaucoup de temps ensemble mais Kyo ne restait jamais dormir chez Toya. Cette situation agaçait le jeune homme qui avait envie de plus qu’un simple flirt. Cela faisait presque trois ans que cela durait et la patience de Kyo était à bout. |
N'empêche que c'est Toya qu'a fait un rêve érotique ... alors lequel est le plus à bout
Il faut une suiteee veut voir Kyo mouah ^^ et pis pourquoi Raf rentre si tot ? /me ultra curieuse J'adore les persos, je les naimeuuuh , veut savoir ce qui va se passer
biouxx _________________ " Leur histoire c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever." Ensemble c'est tout, Anna Gavalda |
|  | | sakiko

   Age : 22 Inscrit le : 09 Juin 2007 Messages : 195 Localisation : DOM Guadeloupe Emploi : Etudiante en droit Loisirs : lire, films, les bavardages entre amis
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Ven 14 Sep - 5:17 | |
| Pour une première scene chaud, on ne peut dire que wouaaaaaaaaa
meme un iceberg aurait fondu
c'était super, je n'est qu'une chose à redire: LA SUITE
donc au boulot, et tu auras une récompense
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|  | | Invité Invité

| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Ven 14 Sep - 9:46 | |
| J'aime, j'aime, j'aime !!! J'espère qu'il y en aura d'autres (mouwawawaaa) Super scène coquines, pour un premier essai, c'est vraiment bien reussi - )) Et.. Moi, je suis contente que Toya et Kyo reviennent (loll)
Vivement la suite : p |
|  | | Scilia

   Age : 33 Inscrit le : 15 Avr 2007 Messages : 451 Localisation : Au centre de mon harem... Emploi : Kesako ? O_o Loisirs : Ecrire des fics, lire des mangas, écouter des OST, baver sur des bos mecs,....
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Mer 19 Sep - 22:34 | |
| *mode je me la pète on*
[center]REPONSE AUX COURRIER DES LECTEURS
| Citation: | N'empêche que c'est Toya qu'a fait un rêve érotique ... alors lequel est le plus à bout
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Bonne question ^^
| Citation: | Il faut une suiteee veut voir Kyo mouah ^^ et pis pourquoi Raf rentre si tot ? /me ultra curieuse
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Ben tu vas avoir un commencement de réponse, alors heureuse ? lol
| Citation: | Pour une première scene chaud, on ne peut dire que wouaaaaaaaaa
meme un iceberg aurait fondu
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tu crois que c'est à cause de ce genre de scène que le titanic a coulé ? lol
| Citation: | donc au boulot, et tu auras une récompense
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une récompense??????????????? Où ca ?????? Où ca ??????
*mode je me la pète off* [/center]
Bah quoi, j'ai bien le droit de me la jouer de temps en temps surtout que je vous apporter un 'tit cadeau : le chapitre suivant ! Kyo, Kazuki, Toya et une ribambelle de nouveaux personnages sont là pour votre plus grand plaisir ! Enfin j'espère lol
Bonne lecture ^^
****
— Otowa ! — Oui, chef ! Répondit aussitôt Kyo en relevant la tête. — Tu es mon second aujourd’hui, lança Kakei, le professeur de cuisine, en toisant la dizaine d’élèves qui lui faisait face. Edogawa, Shibuto et Hajime, vous êtes aux entrées. Akitaka, Lenji et Hideki, vous vous chargés des plats. Tatsuo, Keiji et Shingo, aux desserts. Fujiwara, à la plonge. Vous avez étudié le menu en cours donc il ne devrait y avoir aucun problème. Si c’est le cas, voyez avec Otawa.
Les élèves ne perdirent pas un seul instant, connaissant le caractère béliqueux de leur professeur qui alla s’enfermer dans son bureau. Otawa était un bon élève, Kakei ne doutait pas qu’il puisse se débrouiller seul, autant en profiter pour se remettre de sa soirée passée au café avec ses amis.
— Otawa-san, demanda Shingo, la seule fille de la classe, d’une petite voix. — Oui, Konoe ? — Euh… je… je ne me souviens plus du dosage de farine, fit-elle confuse. — Il faut 3 mesures, répondit Kyo avec un sourire. — Arigatô (merci), Otawa-san. — Tu peux m’appeler Kyo, je te l’ai déjà dit, rappela-t-il en s’étonnant de la voir rougir.
La jeune fille hocha la tête, tout en retournant à son poste de travail où Tatsuo et Keiji attendaient la réponse. Ils se mirent aussitôt à la tâche, à l’instar des autres élèves qui avaient déjà commencé à travailler. Kyo soupira tout en vérifiant le planning du restaurant. Le directeur de l’école hôtelière venait déjeuner avec sa femme, comme tous les lundis, sinon le reste des réservations étaient composés de parents d’élèves et d’employés de bureau qui appréciaient la cuisine de l’école bien moins chère que les restaurants ordinaires. Il referma le planning et retourna le déposer en salle.
Dire que cela faisait presque deux ans qu’il était dans cette école hôtelière. Il n’avait pourtant pas prévu de faire ce genre d’études lorsqu’il était plus jeune mais son travail aux Jardins de la lune lui avait fait découvrir un monde merveilleux. Kazuki lui avait enseigné quelques rudiments lorsque le restaurant n’était pas bondé et, peu à peu, Kyo avait pris goût à la cuisine. Il avait même créé plusieurs plats que Kazuki avait intégrés à la carte et il travaillait maintenant avec les cuisiniers, bien qu’il fasse encore la plonge de temps à autre. Alors qu’il revenait dans la cuisine, il entendit la voix forte de Kakei qui était finalement venu jeter un coup d’œil au travail de ses élèves.
— Shingo ! L’apostropha le professeur de cuisine. Qu’est-ce que c’est que ce truc infâme ? — La… la pâte, sensei, répondit timidement la jeune fille. — C’est une plaisanterie ? Demanda Kakei d’un ton sévère. — Je… je vais recommencer, gomen. — Une femme n’a rien à faire dans la cuisine d’un restaurant, je leur ai dit pourtant ! S’exclama le professeur en renversant « accidentellement » le saladier contenant la pâte. Nettoyez-moi ça en vitesse, Shingo ! — Oui, chef ! Répondit-elle en retenant du mieux qu’elle le pouvait ses larmes.
Kakei alla voir un autre groupe qu’il félicita, oubliant totalement la cruauté dont il avait fait preuve avec la jeune fille.
— Attends, Konoe, je vais t’aider, proposa Kyo en se baissant près d’elle. — Ce… ce n’est pas la peine. — Ça fait parti de mon travail, assura-t-il en prenant le saladier des mains de Shingo. — Mais…, protesta-t-elle ses yeux marrons humides de larmes retenues. — Va chercher le balai et la pelle pendant que j’emmène ça à la plonge, ok ? — Arigatô.
Fujiwara, préposé à la plonge ce jour-là, n’avait pas perdu une miette de la scène. Il avait un an de moins que Kyo mais avait réussi, grâce à ses compétences, à sauter une classe. En concurrence directe avec Kyo, il ne perdait aucune occasion de l’observer et d’en apprendre le plus possible à son sujet. Il avait été surpris, au départ, d’apprendre que son alter ego travaillait dans un restaurant fréquentés par des gays, considérant que ce genre d’endroit n’était pas un lieu d’apprentissage. Plus il en apprenait sur Kyo, plus il ressentait le besoin de rivaliser avec lui. Ce besoin insidieux était la cause de nombreuses nuits blanches passées à se demander ce que Kyo avait de plus que lui.
— Encore en train de jouer les bons samaritains, lança Fujiwara lorsque Kyo posa le saladier sur le plan de travail. — Keiki n’est pas juste avec Shingo. — Dis plutôt que tu as craqué pour cette fille et que ça t’arrange bien de la consoler chaque fois qu’elle se fait rembarrer par le prof. — Ginzo-san, tu es peut-être un excellent cuisinier mais sur le plan humain tu es aussi vide que ce saladier, répondit Kyo qui savait comment il allait réagir. — Gin, je m’appelle Gin, pas Ginzo ! Répliqua Fujiwara en colère car il détestait ce prénom hérité de son grand-père. — On dirait que tu es capable de sentiments finalement, constata-t-il avec un sourire en coin. — Tu riras moins lorsque je prendrais ta place au classement. — Je te la laisse volontiers, je n’attache pas vraiment d’importance à ce genre de chose, répondit Kyo avec sincérité. — Vraiment ? Tu es premier de la classe et tu t’en moques ? S’étonna Fujiwara. — Il y a des choses plus importantes dans la vie et puis, je sais déjà ce que je vais faire lorsque j’aurais obtenu mon diplôme. Ce qui m’intéresse, c’est d’apprendre, rien de plus. — Je vois… je suis certain de pouvoir t’apprendre certaines « choses », si tu en as envie bien entendu, proposa Ginzo d’un ton doucereux. — Je suis contraint de refuser, Gin-san, répondit poliment Kyo qui se doutait de ses intentions envers lui. Tu as du travail, conclut-il, et moi aussi.
Fujiwara le regarda se diriger vers Shingo et l’aider à ramasser les morceaux de pâte répendue sur le sol. Il aurait aimé détourner le regard mais il en était incapable. Il remarqua que les mains de Konoé et de Kyo se frôlèrent à un moment. Si la jeune fille avait immédiatement piqué un fard, Kyo n’y avait aucunement prêté attention. Se pouvait-il qu’il travaille dans ce restaurant gay pour une autre raison que l’apprentissage de la cuisine ? Se demanda Gin avec un sourire en coin.
*
**
— Tu dis que Rafaela rentre ce soir ? S’étonna Kazuki qui prenait un thé au bar car le service du midi était terminé. — Oui, elle ne m’a donné de raison mais elle avait l’air perturbé. — J’espère qu’il n’y a rien de grave. — Honnêtement, je ne sais pas, répondit Toya en rangeant des verres sur l’étagère derrière lui, elle avait plutôt l’air heureuse de rentrer en Espagne. — Tu devrais en savoir plus ce soir. — Effectivement… Kazuki, reprit Toya après un long silence durant lequel il finit de ranger le bar. — Oui ? Répondit ce dernier en l’observant tandis qu’il se perchait sur le tabouret voisin. — Nous sommes amis depuis longtemps maintenant, je pensais que tu savais que tu pouvais te confier à moi, commença Toya en posant son regard sapin sur son ami. — Euh… oui mais… — Laisse-moi finir, l’interrompit-il. Tu pensais sans doute que tu pourrais donner le change mais ça ne marche pas avec moi et comme tout se passe bien avec les restaurants, je pense que tu as un problème avec Mido. — Toya…, soupira Kazuki gêné d’avoir été mis à jour, il y a des moments où je me demande si c’était une bénédiction ou une malédiction de te rencontrer. — C’est parce que j’ai vu juste, n’est-ce pas, insista Toya.
Kazuki prit le temps de boire une longue gorgée de thé. Les serveurs et cuisiniers étaient déjà partis. C’était le meilleur moment de la journée pour lui, il appréciait ce calme entre les deux services et la compagnie de Toya. Il n’était pas rare qu’ils restent à discuter au lieu de rentrer se reposer. Seulement là, Toya avait mis le doigt sur quelque chose que Kazuki souhaitait avoir imaginé. S’il se livrait à son meilleur ami, les choses deviendraient plus tangibles et il ne le désirait pas vraiment. Bien sûr, il savait qu’il respecterait son silence s’il décidait de ne rien dire mais qu’il en serait aussi profondement blessé. Pesant le pour et le contre, Kazuki prit une grande inspiration. Gardant les yeux baissés sur sa tasse de thé, il prit sa décision.
— Je me fais probablement des idées, commença-t-il d’une voix douce. — A quel sujet ? L’interrogea Toya pour l’inciter à parler. — Mido… depuis quelques temps, il rentre tard le soir. Et puis… il y a ce nouvel assistant qu’il a engagé il y a quelques semaines, Kris Honda. Cet homme… il était mannequin avant et… c’est stupide, reprit-il en réalisant ce qu’il disait. Rien que le fait d’en parler à voix haute… — Cela te semble assez sérieux pour que tu t’en inquiètes, répondit Toya. Tu as remarqué quelque chose de spécial ? — Je suis passé à l’improviste à son bureau la semaine dernière, confia Kazuki dont les longs cheveux blonds le protégeaient du regard de son ami. Mido était assis et Kris avait la main posée sur son épaule, son visage était proche de celui de Mido… très proche. — Kazu… je ne sais pas quoi te dire si ce n’est que Mido t’aime profondément. Je ne l’imagine pas te tromper mais si tu veux infirmer ou confirmer ce que tu penses, je connais un détective privé discret et séri… — C’est exactement pour cela que je ne t’en ai pas parlé, déclara Kazuki en relevant la tête. Je ne veux pas y croire. — Mais tu as de sérieux doutes et tu vas finir par te rendre malade, constata Toya. — Je ne vais pas le faire espionner ! Si jamais il l’apprend… et si c’est faux, je ne pourrais jamais le regarder en face en sachant que j’ai osé douter de lui !
Toya savait qu’il allait regretter ses paroles avant même qu’elles ne franchissent ses lèvres mais il devait voir la réalité en face. Les histoires d’infidélité étaient monnaie courante, aussi bien entre hétéros qu’entre gays.
— Et si jamais c’était vrai ? — Toya, rends-moi service, oublie cette conversation, répondit-il en se levant brusquement. C’est complètement ridicule et… laisse tomber, ok ? — Kazu… — Non, je ne veux plus en entendre parler, insista-t-il, j’ai besoin de prendre un peu l’air. A tout à l’heure. — Kso ! (merde), lança Toya à la porte qui se refermait derrière son ami.
Comment les choses avaient-elles pu évoluer de la sorte ? Mido et Kazuki semblaient pourtant heureux depuis leur mariage, presque trois ans plus tôt. Toya se souvenait du bonheur qui irridiait de ses amis tandis qu’il les unissait l’un à l’autre. Mido était-il vraiment infidèle ? Toya en doutait, il y avait sûrement autre chose. Il réfléchit longuement au moyen d’aider Kazuki car il était hors de question de tirer un trait sur cette histoire sans en connaitre le fin mot. Et puis, il n’avait pas promis de ne pas s’en occuper, Kazuki était parti avant qu’il ne lui réponde. Bon, il jouait un peu sur les mots mais il ne pourrait plus se regarder dans un miroir s’il n’agissait pas. Toya prit son portable derrière le bar et composa le numéro de son ami détective.
— Agence Nakamura, bonjour ! Répondit à la troisième sonnerie une voix féminine enjouée. — Bonjour… voilà ma femme me trompe et j’ai besoin de photos pour le prouver, aidez-moi, fit Toya d’un ton désespéré. — Toya-chan, quel plaisir de t’entendre ! — Je n’étais pas crédible ? — Absolument pas, mes clients sont rarement aussi directs au téléphone. Comment vas-tu ? — Bien mais j’ai besoin de faire appel à tes services, Sara. — Mmmm… je ne vais pas baisser mes tarifs tu sais. — Je m’en doutais un peu mais je propose de te payer en nature cette fois. — Toya, je te rappelle que tu es gay ! S’exclama la jeune femme outrée. — Je parlais de t’inviter à manger gratuitement aux jardins de la lune pendant un mois, petite obsédée ! — Oups, répondit Sara en riant. Eh bien, vu que les affaires ne sont pas florissantes en ce moment, j’accepte avec plaisir ! — Ok, j’ai besoin que tu te renseignes sur un type qui s’appelle Kris Honda. Il est l’assistant du PDG de la Akabane Inc. et je sais qu’il a travaillé comme mannequin. — C’est tout ? — Pour une pro comme toi, ça devrait largement suffire ou alors tu as beaucoup changé, la taquina-t-il. — Je vais prendre les plats les plus chers de la carte pour te faire payer ça, répliqua la détective en riant. — Si ce que je pense se révèle faux, je suis même prêt à t’emmener dans le meilleur restaurant de Tokyo. — C’est si grave que cela ? Demanda-t-elle d’un ton plus sérieux. — Je ne sais pas encore, tout dépendra de ce que tu vas trouver. — Ok, Toshio et moi on s’y met immédiatement. Je passerai demain midi pour un premier rapport, ça te va ? — Toshio ? — Mon nouvel assistant, une longue histoire, éluda Sara. — Je vois. A demain.
A suivre... |
|  | | Invité Invité

| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Sam 22 Sep - 16:09 | |
| Woaw !! Il y a plein de nouveau personnages (j'espère que je ne vais pas m'y perdre u_u) J'espère que Mido ne trompe pas Kazuki !! (Je me demande ce que tu as bien pu nous préparer ihihihihi) Kyo est tout mignon et gentil - )) Mais je sens qu'il va se passé un truc avec ce cher "Fujiwara"
*trop de suspense*
J'espère pourvoir lire la suite bientôt - ) |
|  | | sakiko

   Age : 22 Inscrit le : 09 Juin 2007 Messages : 195 Localisation : DOM Guadeloupe Emploi : Etudiante en droit Loisirs : lire, films, les bavardages entre amis
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Sam 22 Sep - 21:34 | |
| la suite la suite la suite  |
|  | | Scilia

   Age : 33 Inscrit le : 15 Avr 2007 Messages : 451 Localisation : Au centre de mon harem... Emploi : Kesako ? O_o Loisirs : Ecrire des fics, lire des mangas, écouter des OST, baver sur des bos mecs,....
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Jeu 18 Oct - 14:12 | |
| kikoo,
voici la suite qui a mis du temps à arriver, je sais mais entre les filles malades, le cosplay pour ME à préparer et la vie tout simplement, j'ai laissé un peu de répit à Toya et Kyo. Mais ca ne va pas durer, rassurez-vous ^^
Bonne lecture !
***
Comme promis, Toya était allé chercher Rafaela à l’aéroport. Cette dernière lui avait paru épuisée en partie à cause de son voisin qui avait ronflé comme un tracteur. La fatigue mise à part, Toya avait senti que quelque chose clochait mais il n’avait pas insisté et, contrairement à leurs projets, avait accepté de remettre leur dîner au lendemain soir. Raf avait été soulagée, même si c’était reculer pour mieux sauter. Elle ne se sentait pas d’attaque pour affronter Toya et ce fut la même chose le lendemain soir, après avoir passé la journée sous la couette devant de vieux films qu’elle affectionnait particulièrement. Cela faisait une heure qu’elle regardait périodiquement son réveil en voyant l’échéance approcher mais elle ne bougeait pas pour autant.
— Aller ma vieille, dit-elle à haute voix pour tenter de se motiver, si tu lui dis que tu es malade, il va débarquer ici avec son repas et vu l’état de l’appartement…
Comment avait-elle fait pour mettre autant de bazar en une seule journée ? Mystère… une horde de lutins malicieux étaient peut-être passés durant sa sieste… Poussant un soupir à fendre l’âme, Rafaela se dirigea vers la salle de bain. Rien n’était moins sûr mais une bonne douche la réveillerait peut-être…
* **
Après avoir assuré le service du midi, Toya était allé chercher Kyo à la sortie de l’école. Après avoir pris un chocolat chaud dans un café, ils étaient allés voir un film dont ils avaient à peine suivi l’intrigue, trop occupés à s’embrasser assis au dernier rang. Ils s’étaient ensuite séparés, à contrecoeur, mais Kyo avait promis à sa mère de préparer le repas et Toya avait quelques courses à faire pour sa soirée avec Rafaela. Il était donc reparti en soupirant, non sans avoir jeté un dernier regard à la silhouette de Kyo qui s’engrouffrait dans le métro. C’était de plus en plus dur de le laisser repartir, Toya en était conscient mais la date fatidique approchait à grands pas et il n’était pas homme à renier sa parole. Il avait donc remonté la rue jusqu’au supermarché, fait ses achats et s’était dirigé vers sa résidence en se demandant comment il allait pouvoir connaitre la raison du retour de Raf. Tête de mule comme elle était, il lui faudrait agir avec tact. Alors qu’il réfléchissait à une technique d’approche appropriée, Toya entendit quelqu’un tambouriner contre une porte. Une femme, nota-t-il aussitôt, avec un accent étranger mais qui parlait un japonais plus que convenable. Il prit son courrier et poursuivit sa route pour apercevoir après le coin du couloir l’inconnue devant la porte de Rafaela.
— Je sais que tu es là alors ouvre-moi avant que je ne décide d’enfoncer la porte ! S’emporta-t-elle en donnant un nouveau coup de poing contre la porte close. — Je peux vous aider ? Demanda poliment Toya en approchant. — Dites-moi que vous êtes le gardien et que vous avez un double des clefs de cet appartement, répondit l’inconnue en se tournant vers lui. Tamaki-san, rajouta-t-elle presque aussitôt. — Nous nous connaissons ? S’étonna-t-il car la jeune femme était sans nul doute européenne et ils étaient devant la porte de la seule qu’il connaissait. — Non, ma sœur m’a envoyé des photos sur lesquelles vous étiez, expliqua-t-elle avec un sourire. Je suis là depuis dix minutes et impossible de lui faire ouvrir cette fichue porte ! — J’ignorais que Rafaela avait une sœur, déclara Toya. — Ça ne m’étonne pas du tout. Je commence à être inquiète, vous n’avez pas la clef par hasard ? — J’ai un double chez moi mais… — Vous ne me connaissez pas et vous craignez que je ne sois la déesse de la mort, le taquina-t-elle avec un sourire en coin. — Quelque chose comme ça, oui, confirma-t-il en hochant la tête. — Bon, je n’ai plus qu’à attendre que mademoiselle daigne sortir de chez elle, encore que c’est une chose qui n’arrive pas souvent hélàs. Mais au fait, je ne me suis même pas présentée. Je m’appelle Valérie Matthews. — Matthews, répéta Toya qui nota qu’il n’y avait absolument aucune concordance avec le nom de Rafaela. — Oui, nous ne sommes pas sœur de sang mais de cœur, expliqua Valérie en se demandant s’il allait la croire. — Elle ne m’a jamais parlé de vous. — Je me doutais bien que venir à l’improviste ne serait pas une bonne idée mais sa mère m’a appelée hier pour me dire qu’elle avait écourté son séjour. Je devais la rejoindre en Espagne pour le réveillon de la St sylvestre mais j’ai eu un contre-temps. J’ai sauté dans le premier avion pour le Japon et maintenant je me retrouve devant une porte close, soupira-t-elle avant de se laisser glisser le long du mur.
Toya fut ému par le désespoir lisible sur le visage de la jeune femme. Il en profita pour la détailler du regard. Elle était presque aussi grande que lui, avait de grands yeux verts, une multitude de taches de rousseur sur les joues, de longs cheveux roux nattés et un manteau rouge qui lui fit penser à celui du père Noël. La température était descendue de quelques degrés depuis qu’il avait quitté Kyo et cela allait continuer dans la soirée. Il ne pouvait décemment pas la laisser dans le couloir.
— Je vais l’appeler, proposa-t-il en posant son sac de courses avant de prendre son portable. — Quelle idiote je fais, je n’y ai même pas pensé ! S’exclama-t-elle en retrouvant le sourire. Domo arigatô. — Si elle ne répond pas, vous pourrez l’attendre chez moi. Elle doit venir dîner ce soir. — Vraiment ? Je ne voudrais pas abuser de votre gentillesse. — Commençons déjà par…, commença Toya avant de voir la porte de Rafaela s’ouvrir. — Toya ? S’exclama-t-elle surprise. Qu’est-ce que… Val ? Bredouilla-t-elle incrédule en découvrant son amie assise contre le mur. Mais… mais que fais-tu là ? — Si Raf ne vient pas à toi, va à Raf… tu ne connais pas ce fameux proverbe ? Demanda-t-elle en se relevant pour aller serrer la jeune femme dans ses bras. — Arrête, tu m’étouffes, se plaignit-elle. — Je vois que ma visite te comble de joie, ça fait plaisir. — Non… ce n’est pas ça mais… comment as-tu su que j’étais rentrée ? — Tu le demandes ? Ta mère est la pire commère de toute l’Espagne, et peut-être même d’Europe ! — Je vois. — Je te rappelle que j’ai pris des vacances pour venir te rejoindre, elle m’a appelé pour m’éviter le déplacement jusqu’à ton charmant village. J’ai pu changer mon billet et me voilà, expliqua Valérie qui s’était attendue à un accueil un peu plus chaleureux. — Et tu as déjà fait connaissance avec Toya, nota Rafaela. — Ça fait bien dix minutes que je tambourine à ta porte, il passait par-là et est venu s’assurer que tu ne risquais rien en parfait chevalier servant. — Val, soupira Raf que l’image fit tout de même sourire. — Que diriez-vous de venir dîner chez moi ? Quand il y en a pour deux, il y en a pour trois, proposa Toya qui voyait là une excellente occasion d’en apprendre plus sur sa chère voisine. — Je ne crois pas que cela soit une bonne idée, s’opposa Rafaela qui sentait venir le piège. — Je meurs de faim et il y a un siècle que je n’ai pas mangé un bon repas japonais. D’après ma sœur, vous êtes un cordon bleu. — Il n’y a qu’un moyen de le savoir, fit Toya en lui proposant son bras. — Arigatô. — Mais…, tenta Rafaela frustrée de ne pas avoir voix au chapitre.
Elle allait refermer la porte de son appartement, vaincue, lorsqu’elle vit les valises de sa sœur qui attendaient sagement dans le couloir.
— Je la hais, je la déteste, grommela-t-elle tout en les rentrant à l’intérieur.
Rafaela ferma sa porte et remonta le couloir. Elle se fit l’effet d’être un condamné conduit à l’échafaud mais, pour être honnête, elle devait reconnaître que la visite de sa sœur de cœur lui faisait plaisir. Elles n’avaient pas souvent l’occasion de se voir car Valérie, d’origine française, habitait New-York depuis son mariage avec un architecte américain. Non pas qu’elles se voyaient plus souvent lorsque la jeune femme habitait encore Paris. Dieu merci, elles avaient Internet et il ne se passait pas une journée sans qu’elles communiquent par ce moyen, complété par de longues conversations téléphoniques. Le plus gros souci de Rafaela, c’était qu’elle pouvait facilement éluder les raisons de son départ avec Toya, ce n’était pas le cas avec Valérie qui lisait en elle comme dans un livre ouvert. La soirée allait être longue, songea-t-elle tout en pénétrant chez Toya, très longue.
***
Kyo était plutôt content de sa journée. Il avait encore une fois fait du bon travail au service du midi et les cours du matin lui avait permis d’apprendre à différencier un Bourgogne d’un Beaujolais (nda : chose que j’ai jamais réussi à faire malgré les cours d’œnologie prit dans ma jeunesse. Pour moi le vin, c’est pas bon, c’est tout lol). Il avait aussi eu un cours de gestion et comptait sur Toya pour l’aider à résoudre un problème qu’il avait eu du mal à comprendre. Toya… il se rappela soudain la chaleur des baisers qu’ils avaient échangé durant le film et porta la main à ses lèvres. Il se sentit soudain léger et heureux, bien plus heureux qu’il ne pouvait le dire. Il jeta un coup d’œil sur le four, il restait encore une petite heure de cuisson. Il avait préparé l’un des plats préférés de sa mère. Elle serait contente, songea-t-il avant de tourner la tête vers la télévision miniature qui tronait au bout du plan de travail.
— Saiyuki, se réjouit Kyo en entendant le générique de ce manga qu’il avait découvert récemment grâce à un camarade de classe qui adorait les animes.
Il se mit à chantonner gaîment l’opening tout en faisant la vaisselle, ce qui lui rappela qu’il avait promis à Kazuki de venir une heure plus tôt le lendemain aux Jardins de la lune. Un groupe d’une quarantaine de personnes avait réservé et un cuisinier était absent depuis deux jours. Dans son dos, deux des personnages principaux de Saiyuki étaient en train de se disputer pour savoir qui allait manger la dernière boulette de viande. Kyo sourit. Gojyo et Goku étaient impayables. Alors qu’il se faisait cette remarque, il entendit sonner à la porte. L’adolescent s’essuya rapidement les mains et alla ouvrir, pensant que sa mère avait fait quelques courses et revenait trop chargée pour le faire elle-même. Son sourire se figea en découvrant un homme d’une cinquantaine d’années, aux cheveux poivre et sel et aux yeux fouineurs qui le dévisageait gravement.
— Konbanwa (bonsoir), je suis bien chez Mme Izumi Otawa ? — C’est exact, confirma Kyo en se demandant ce que pouvait vouloir cet homme étrange à sa mère. — Me serait-il possible de m’entretenir un moment avec elle ? — Elle n’est pas encore rentrée, je suis navré. — Je suis conscient que ma visite est de la plus grande impolitesse mais j’ai absolument besoin de lui parler, insista l’inconnu.
Kyo sentit qu’il ne pourrait pas se débarasser de lui aussi facilement qu’il l’espérait. C’était le genre de personne qui dégageait une impression malsaine et qui obtenait toujours ce qu’elle voulait. Ses yeux noirs de chine démentaient totalement le sourire chaleureux de ses lèvres.
— Vous n’avez peut-être pas remarqué, fit l’homme interrompant le cours de ses pensées, mais il pleut et un thé me ferait le plus grand bien, mon garçon. — Gomen, je manque à tous mes devoirs, répondit Kyo coincé en s’effacant pour le laisser entrer. Ma mère ne devrait pas tarder.
Il prit le manteau de l’inconnu et l’accrocha dans la penderie, lui donna des chaussons afin qu’il retire ses chaussures comme c’était la coutume avant de lui faire signe de le suivre dans la salle de séjour. Il l’invita à s’asseoir tandis qu’il retournait dans la cuisine pour préparer du thé, éteignant la télévision au passage.
— Ça sent très bon ici, constata l’homme. — Arigatô, répondit Kyo qui n’avait aucune intention de parler cuisine avec lui.
Tandis que l’eau chauffait, il réunit des tasses, du sucre, une théière et les posa sur un plateau. Il disposa des feuilles de thé dans la théière et les recouvrit d’eau brûlante. Une bonne odeur envahit aussitôt la pièce. C’était le thé préféré de Toya. Kyo en avait acheté pour les moments où il lui manquait trop. Il se faisait une tasse de ce thé, allait s’asseoir à la fenêtre de sa chambre et fermait les yeux, humant cette odeur si particulière qui lui rappelait tant Toya.
— Kyo, je suis rentrée, fit la voix familière de sa mère le ramenant au présent.
Il rajouta une tasse et prit le plateau qu’il déposa sur la table basse tandis qu’elle enlevait chaussures et manteau dans l’entrée. Il servait leur invité quand elle arriva dans le salon et se figea brusquement en pâlissant.
— Konbanwa, Izumi, fit l’inconnu avec un large sourire. — Que fais-tu ici ? Siffla-t-elle en lui lançant un regard glacial. — Je viens te rendre visite. — Tu n’es pas le bienvenu. — Voyons, après toutes ces années, j’imaginai que tu serais heureuse de me voir, déclara-t-il d’un ton charmeur. — Sors de chez moi ! — Izumi… — Dehors ! Hurla-t-elle rouge de colère. — Bien, bien, si tu le prends comme ça, répondit-il en jetant un regard navré à Kyo qui ne comprenait rien. — Okaasan (maman)… — Ne te mêle pas de cela, Kyo. — Je gouterai ton thé la prochaine fois, mon garçon, promit l’homme en se levant, car il y aura une prochaine fois, Izumi, sois en certaine. — Je t’interdis de t’approcher de lui ! — He he he, ricana-t-il amusé, comme si c’était en ton pouvoir.
Kyo tentait d’analyser la scène qu’il voyait se dérouler devant ses yeux mais il ne comprenait strictement rien. Qui était cet homme et pourquoi sa mère réagissait-elle ainsi à sa visite ? Ce n’était pourtant pas son genre de se mettre en colère contre quelqu’un sans raison. Il suivit des yeux l’homme tandis qu’il se dirigeait vers l’entrée. Sa mère avait les poings serrés et faisait visiblement des efforts pour ne pas s’effondrer devant lui. Elle ne s’autorisa à se relacher qu’une fois qu’elle eut entendu la porte claquée. Ses jambes se dérobèrent et elle se laissa tomber sur le sol.
— Okaasan ! S’écria Kyo en se précipitant vers elle. — Je… je vais bien, assura-t-elle avec un sourire peu convaincant. — Okaasan, qui était-ce ? — Kyo, il faut que tu me promettes de ne jamais parler à cet homme, éluda-t-elle, inquiète, tout en lui prenant la main. Jamais, tu entends. — Oui mais… — C’était… oh mon dieu, s’écria-t-elle en fondant en larmes, il est revenu… ton père est revenu…
A suivre.... _________________
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|  | | Invité Invité

| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Ven 19 Oct - 0:46 | |
| Olalalaaa !! Malgré l'attente quelle partie ! J'ai hâte de savoir la suite - )) Et c'est dans combien de jours l'anniversaire de Kyo ? xD (bé quoi je me renseigne : p)
nota : moi non plus j'aime pas le vin *ieurk* |
|  | | sakiko

   Age : 22 Inscrit le : 09 Juin 2007 Messages : 195 Localisation : DOM Guadeloupe Emploi : Etudiante en droit Loisirs : lire, films, les bavardages entre amis
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Dim 21 Oct - 2:56 | |
| on peut dire qu'on est gaté
Vu ta vie trépidante on te pardonne l'attente si tu continu à faire un aussi bon travail ET QUE L'ANNIV DE KYO ARRIVE BIENTÔT  |
|  | | Scilia

   Age : 33 Inscrit le : 15 Avr 2007 Messages : 451 Localisation : Au centre de mon harem... Emploi : Kesako ? O_o Loisirs : Ecrire des fics, lire des mangas, écouter des OST, baver sur des bos mecs,....
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Lun 22 Oct - 19:38 | |
| Ah mais l'anniversaire de Kyo n'est pas prévu pour tout de suite les filles, il y a plein de péripéties avant d'y arriver. D'après l'estimation de ma soeur (la traductrice fantome Lady Heather) il y a encore au moins 200 à 300 pages lol _________________
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|  | | Invité Invité

| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Mer 24 Oct - 21:50 | |
| Tu veux nous achever ? 200 à 300 pages ôÔ *meurt sur sa chaise*
xD |
|  | | Scilia

   Age : 33 Inscrit le : 15 Avr 2007 Messages : 451 Localisation : Au centre de mon harem... Emploi : Kesako ? O_o Loisirs : Ecrire des fics, lire des mangas, écouter des OST, baver sur des bos mecs,....
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Jeu 25 Oct - 11:01 | |
| meuh non, loin de moi cette idée !!! Je t'aimeuuuuuu, chef lol _________________
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|  | | fredjs

   Age : 24 Inscrit le : 15 Oct 2007 Messages : 6 Localisation : 54 Emploi : interimaire Loisirs : lecture
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Jeu 1 Nov - 17:44 | |
| Je viens de découvrir ton histoire et je dois dire OUHAOU !!!! J'ai tout lu d'affilé !!!! Alors : 1_ J'adore ton style d'écriture, c'est clair, fluide, agréable à lire et y a pas de fautes d'orthographe oui de phrases mal construites (alléluia) 2_ le scénario est super, on a envie de savoir la suite, les persos sont attachants et j'ADORE ton humour !!! 3_ je suis comme tes autres lectrices (une grosse perverse) et c'est pourquoi j'attends l'anniversaire de Kyo impatiemment !!!! 4_ J'ai rêver où beaucoup de persos ont des noms ou prénoms de Get Backers ? 5_ Je veux bien faire des critiques, mais là ..... bah désolée j'en vois pas !!!! 6_ Alors pour la suite je vois ..... pleins de péripéties, des problèmes dans tous les coins mais qui se finissent bien avec un gros lemon pour conclure !!! C'est assez précis ?
Bon j'arrête la parce que sinon je raconte ma vie en prime !! Juste une chose, tu as d'autres histoires ailleurs ?
Ah oui aussi, pour changer ....... je veux la suite !!!!!!!!!!!!!!!!!!  |
|  | | Scilia

   Age : 33 Inscrit le : 15 Avr 2007 Messages : 451 Localisation : Au centre de mon harem... Emploi : Kesako ? O_o Loisirs : Ecrire des fics, lire des mangas, écouter des OST, baver sur des bos mecs,....
| Sujet: Re: Tome 3 : Happy end ??? Lun 12 Nov - 23:56 | |
| | Citation: | | 1_ J'adore ton style d'écriture, c'est clair, fluide, agréable à lire et y a pas de fautes d'orthographe oui de phrases mal construites (alléluia) |
Oh si, il doit en rester quelques unes mais bon entre moi qui relis et ma bêta, on arrive à faire trépasser la plupart et je suis contente que ma manière d'écrire te plaise ^^
| Citation: | | 2_ le scénario est super, on a envie de savoir la suite, les persos sont attachants et j'ADORE ton humour !!! |
ouf, moi qui est tjs peur que mon humour à deux cents ne fasse pas rire, tu me rassures
| Citation: | | 3_ je suis comme tes autres lectrices (une grosse perverse) et c'est pourquoi j'attends l'anniversaire de Kyo impatiemment !!!! |
une auteuse sadique lut par une bande de perverses, c'est original ^^
| Citation: | 4_ J'ai rêver où beaucoup de persos ont des noms ou prénoms de Get Backers ?
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ben non, t'as pas rêvé. J'étais en plein phase GB quand j'ai commencé à écrire Le tome 1 et j'adore Kazuki (sauf que le mien est blond mais c'est un détail), Akabane est trop classe et Ban... *bave* donc voila, entre temps je suis passée par d'autres "phases" et je pique des prénoms un peu partout. Toya par exemple, ca vient de Ayashi no ceres, Kyo du chanteur de DEG, etc...
| Citation: | 5_ Je veux bien faire des critiques, mais là ..... bah désolée j'en vois pas !!!!
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tant mieux ! Surtout, merci pour ton message qui m'a fait super plaisir ^^
| Citation: | | 6_ Alors pour la suite je vois ..... pleins de péripéties, des problèmes dans tous les coins mais qui se finissent bien avec un gros lemon pour conclure !!! C'est assez précis ? |
je suis pas certaine que tout se finisse bien, d'ailleurs y'a au moins un mort dans ce tome mais sinon, je crois que j'ai saisi l'idée du 'gros lemon" pour le final lol
| Citation: | Juste une chose, tu as d'autres histoires ailleurs ?
|
oui, j'ai des histoires ailleurs mais la trilogie qui est sur Tomo est mon premier essai en histoire originale. Sinon j'ai écris sur beaucoup de séries, dans tous les genres je crois et tu peux les lire sur mon fofo qui est un peu à l'abandon ces derniers temps : http://bricbrac.forumactif.com/index.htm
Bon, maintenant passons à l'essentiel : la suite !!! Enfin si vous voulez sinon... *sens qu'elle va se faire trucider*.... Ok, ok, donc la suite avec Toya, Kyo et Valérie ce nouveau perso qui a surgi au chapitre précédent mais aussi une partie que je n'avais pas prévu, un autre 'tit lemon avec... bah vous verrez bien en lisant, bande de curieuses lol
***
— Alors c’est à la fac que vous avez fait connaissance, reprit Toya en amenant un nouveau plat de la cuisine.
— Oui, c’est cela, confirma Rafaela toujours sur la défensive car elle sentait que la conversation dériverait tôt ou tard sur le motif de son retour précoce au Japon.
— A la mort de mon père qui travaillait à l’ambassade française de Madrid, expliqua Valérie, je n’ai pas voulu rejoindre ma mère et son nouveau mari en France. Elle a tempêté mais j’étais majeure et mon père m’avait laissé largement de quoi payer mes études. Je me suis donc inscrite à la fac et je me suis retrouvée à partager la même chambre que Raf mais nous n’avons vraiment sympathisées que quelques semaines après la reprise des cours, le soir ou notre chère amie a fait une descente dans un des laboratoires de l’université pour sauver des souris.
— Sauver des souris ? Répéta Toya intrigué.
— Disons qu’à cette époque, j’étais très idéaliste et j’ai voulu sauver ces pauvres bêtes sans défense, expliqua-t-elle.
— Sauf qu’on s’arrange pour ne pas ramener le butin de son vol chez soi, enfin en théorie, rajouta Val en souriant à ce souvenir.
— Quoi ? Tu as ramené les souris dans votre chambre ? S’esclaffa Toya.
— Euh… ben, j’ai pas vraiment eu le choix. A l’origine, j’avais prévu de les libérer dans les bois près du campus mais deux gardiens m’en ont empêchée. Ils avaient été appelés à cause d’un rodeur. Du coup, j’ai trouvé plus simple de les ramener dans la chambre.
— C’est parce que vous vous êtes faites prendre que votre amitié est née ?
— Non, c’est justement parce qu’on les a sauvées qu’on a commencé à être proches, déclara Rafaela.
— Oui, le lendemain, à la découverte du vol, une fouille des dortoirs a été réclamée par le doyen qui avait du faire face à plusieurs séries de larcins depuis le début de l’année. Il pensait sans doute que les affaires étaient liées. Toujours est-il que nous avons du agir vite et pendant que Raf nettoyait la chambre, je passais pas l’échelle de secours pour libérer ses maudites souris en les cachant dans la veste de mon jogging.
— Et grâce à Dieu, personne n’a jamais rien su de cette histoire, conclut Rafaela en se rappelant la jeune femme très naïve qu’elle était alors.
— Et je suppose que vous avez continué à faire les 400 coups par la suite ? Questionna Toya.
— Nous ? Répondirent les deux femmes en chœur, nonnnnnnnn !!!!
Devant l’air pseudo angélique de ses deux invités, Toya se mit à rire et bientôt ils furent tous les trois secoués d’un fou rire incontrôlable qui ne semblait pas vouloir se tarir. Ils finirent tout de même par se calmer et, tandis que Toya débarrassait la table, après avoir refusé de l’aide, les deux amies se retrouvèrent enfin seules.
— Tu as mauvaise mine, déclara Raf après avoir longuement l’observée.
— A cause de mon voisin, je n’ai pas pu fermer l’œil dans l’avion. Il ronflait tellement fort que l’hôtesse a songé un moment à le jeter par-dessus bord, plaisanta Valérie avec un large sourire destiné à la rassurer.
— Je suis contente que tu sois là, reconnut Rafaela à voix basse.
— Moi aussi, je vais enfin pouvoir découvrir ton environnement. Ca fait tellement longtemps que tu me parles de ce pays, de tes amis, ton travail,…
— J’ai encore quelques jours de vacances, on va pouvoir jouer les touristes, proposa-t-elle.
— Avec plaisir, ce n’est pas tous les jours que je traverse la moitié du monde, je compte bien en profiter un maximum.
— Il faudra venir aux Jardins de la lune, Kazuki me tuera si je n’arrive pas à vous convaincre de venir, dit Toya en revenant avec un plateau de thé.
— Il est si terrible ? S’enquit Val.
— Kazuki est un ange et Toya un diablotin farceur, répondit Rafaela en imaginant très bien leur compagnon vêtu du costume adéquat avec fourche et queue pointue.
— Kazuki un ange ? Oui, je veux bien mais moi je n’ai rien d’un diable, prétendit-il en les servants.
— Après tout ce que ma sœur m’a raconté, intervint Valérie avec malice, je me demande si elle n’a pas raison.
— Je commence à regretter de vous avoir secouru, chère damoiselle.
— Oh mon prince, répondit la jeune femme qui se prit au jeu, si vous n’aviez pas occis ce dragon, je serais probablement morte à l’heure qu’il est.
— Dragon ? Reprit Rafaela. Non mais c’est moi que tu traites de dragon ?
— Oui, un vilain dragon qui garde porte close pour que l’on ne découvre pas les secrets que cache sa grotte, poursuivit Toya, mais n’ayez crainte, noble dame, rajouta-t-il en posant un genou à terre devant Valérie après avoir récupéré un torchon qu’il avait posé sur ses épaules en guise de cape, je vaincrais la bête pour vous, ma mie.
— Aller, preux chevalier, je vous attendrais, déclara-t-elle en lui tendant sa serviette en gage de son amour.
— Non mais vous avez fini tous les deux, s’exclama Rafaela qui n’appréciait à moitié de se faire traiter de dragon.
— Quoi ? Nous faisons un couple du tonnerre, on aurait un succès fou à Broadway, lança Val en se levant pour se mettre près de Toya.
— Saluons notre public, ma mie, proposa-t-il en lui prenant le bras.
— Effrayant, nota Raf tandis qu’ils s’exécutaient.
— Tu es jalouse de notre succès, c’est tout, fit Valérie en se rasseyant.
— C’’est ça, et la marmotte…
— Laisse-la donc en haut de son arbre et dis-moi plutôt pourquoi tu t’es enfuie de ton village, proposa-t-elle en espagnol en plantant ses yeux jades dans ceux de son amie.
— Je me demandais quand la question allait être posée, soupira dans sa langue maternelle Raf déçue de ne pas s’être trompée.
— Je sais que Toya est proche de toi et qu’il doit s’inquiéter autant que moi et…
— Il ne s’est rien passé, l’interrompit-elle en colère, j’avais le mal du pays et je suis rentrée, point final.
— Pourquoi nies-tu…
— Rien, rien du tout, je ne sais pas ce que ma mère t’a raconté mais il n’y a rien.
— Quand on répète trois fois « rien » dans une phrase, dit Valérie, ça signifie souvent qu’il y a quelque chose.
— Pas là… et puis zut, fichez-moi la paix, s’écria-t-elle en se levant brusquement, je savais que ce dîner était une erreur, j’aurais du rester sous ma couette !
— Raf…
— Merci Toya, c’était délicieux, comme toujours, lâcha-t-elle en japonais devant son pauvre voisin qui n’avait rien compris à leur conversation.
— La fuite n’est pas une solution, lança Valérie.
— Toya-chan, donne-lui le double de ma clef, s’il te plait, demanda Raf sans attendre de réponse de la part de l’intéressée.
— Je suis désolée, je crois que j’ai manqué de tact sur ce coup-là, soupira Val une fois la porte refermée.
— Euh… à quel sujet ? S’enquit Toya qui n’avait toujours pas la moindre idée de ce dont les deux femmes avaient discuté.
***
Kazuki était épuisé lorsqu’il rentra chez lui après avoir fait la fermeture des Jardins de la lune. Il n’y avait pas eu beaucoup de clients, ce qui était normal pour un soir de semaine, mais depuis quelque temps il avait énormément de mal à dormir. Il avait vaguement espéré que Mido serait rentré avant lui mais l’appartement était vide. Kazu alla jusqu’à la baie vitrée dont il avait adoré la vue lorsqu’ils avaient visité plusieurs endroits après avoir décidé de déménager dans un lieu à eux seuls. Un endroit encore vierge, dans lequel ils avaient espéré passer une vie comblée et heureuse. Kazuki appuya son front contre le verre froid et observa les lumières de la ville. D’ici, il pouvait voir la tour Akabane Inc. mais pas le bureau de Mido qui donnait de l’autre coté. Il soupira en se demandant s’il était toujours là-bas. Avant, il y serait allé sans hésiter, apportant un panier-repas ou juste lui, habillé sexy sous un imperméable. Des images vinrent se presser dans son esprit, celles de ce jour où ils avaient fait l’amour dans le bureau de Mido. Kazuki ne se rendit même pas compte que ses larmes coulaient. Depuis que Kris Honda était entré dans leur vie, Mido était de plus en plus occupé, de plus en plus distant et ne semblait même pas le remarquer. Kazu se rappelait encore le sourire narquois que Honda avait eu sur le visage lorsqu’il l’avait aperçu à la porte du bureau et s’était rapproché un peu plus de Mido qui consultait un dossier.
— Pourquoi, murmura-t-il dans la pénombre tout en continuant de pleurer, pourquoi est-ce que tu t’éloignes de moi ?
A la porte du salon, Mido se figea brusquement en entendant ses paroles. De quoi diable parlait-il ? Certes, il avait énormément de travail en ce moment mais Kazuki était toujours le seul homme qu’il aimait, l’avait-il trop négligé ces derniers jours ? Mido se sentit soudain fautif. Lorsqu’ils s’étaient unis, il avait juré de faire le bonheur de Kazuki mais, visiblement, ce dernier souffrait à cause de lui. Posant doucement son attaché-case sur un fauteuil, Mido s’approcha et enlaça son bien-aimé qui sursauta à ce contact.
— Je t’aime, murmura Mido à l’oreille de Kazuki avant qu’il ne puisse parler, je t’aimerai jusqu’à la fin de mes jours.
Kazu se retourna et resta muet de stupeur. Etait-il si transparent ? Incapable de prononcer le moindre mot, il décida de mettre ses doutes au placard. Il voulait tellement le croire et la flamme de désir qui brillait dans les yeux sombres de Mido n’était-elle pas le signe qu’il s’était imaginé des choses ? Ils restèrent un long moment, les yeux dans les yeux, profitant de ce moment d’intimité. Lorsque Mido se pencha pour l’embrasser, Kazu sentit son cœur s’emballer. Leurs lèvres s’unirent dans un tendre baiser qui devint rapidement sauvage. Ils avaient autant l’un que l’autre besoin de se retrouver.
— Mido, gémit Kazuki tendit que ce dernier débarrassait son amant de ses vêtements avec avidité.
— Tu es si beau, répondit-il en l’admirant dans le clair de lune, si parfait.
— Fais-moi l’amour, Mido…, murmura Kazu incapable de supporter une seconde de plus la distance qui les séparait, s’il te plait…
Mido sourit, les moindres fibres de son corps appelaient son amant, voulaient se fondre en lui. Il s’approcha en mesurant chacun de ses pas, il ne voulait pas briser la magie de ce moment si rare. Kazuki passa ses bras autour de son cou tandis qu’ils se collaient l’un à l’autre. Leurs bouches se trouvèrent, se redécouvrirent, s’embrassèrent avec chaleur, passion. Puis quelque chose de plus bestial s’imposa à eux, ils voulaient se noyer ensemble dans le plaisir, sans attendre. Mido souleva Kazuki et l’allongea sur le canapé avant de se déshabiller rapidement. Leurs corps se pressèrent, se caressèrent, se goûtèrent avant que la même urgence ne refasse surface. Leurs langues se mêlèrent en un délicieux ballet et alors que Mido voulait préparer son amour à son intrusion, il sentit la main de Kazuki le guider en lui. Incapable de refréner ses pulsions, Mido le pénétra en essayant néanmoins d’être le plus doux possible. Kazu avait les larmes aux yeux mais ce n’était pas uniquement à cause de la douleur de leur union, c’était surtout parce qu’il se rendait compte à quel point il avait été stupide d’imaginer que Mido puisse le tromper. Ce dernier fit mine de se retirer, pensant le blesser, mais Kazuki l’enlaça de ses bras et jambes et l’embrassa sauvagement, l’empêchant de faire autre chose que de se fondre en lui. Ils ne tardèrent pas à atteindre l’extase et ce fut épuisés mais repus l’un de l’autre qu’ils restèrent étroitement enlacés, laissant leurs souffles se mêler, leurs cœurs battre à l’unisson tandis que leurs bouches se trouvaient pour de nouveaux baisers plein de douceur.
A suivre.. _________________
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